QUAND UN PAYS CHANGE…..
October 7th, 2009Souvent les changements d’une société, d’un système politique, se produisent en profondeur, de façon imperceptible. Le peuple, les membres de la société concernée, quand ils ont la conviction que des freins irréductibles ont été mis en place, pour les empêcher de faire aboutir leurs aspirations les plus profondes de bien être, de liberté et d’enrichissement légitime, finissent par se convaincre que plus rien ne change ou ne peut changer.
Il en va ainsi du Togo. Ce petit pays du bord de l’océan atlantique, ancienne colonie allemande, qui fut placé sous protectorat franco britannique aux lendemains de la première guerre mondiale, puis fractionné en deux entités par la France et l’Angleterre après la deuxième guerre mondiale. La partie anglaise fut annexée au Ghana. Le Togo actuel est la partie qui fut placée sous protectorat français. Dès le 13 janvier 1963 le pays s’illustra par le premier coup d’état militaire avec assassinat du président. Après une brève période d’instabilité politique, plus ou moins orchestrée en coulisse par l’armée, l’homme fort, comme il était coutume de dire, sortit de l’ombre et s’installa aux commandes de l’état de 1967 à 2005. Un parti unique obligatoire pour tous les citoyens fut instauré jusqu’en 1994 : le RPT, une sorte de parodie du RPF de De Gaulle.
Dès 1990, la décennie de la naissance de la contestation ouverte du pouvoir en place, le pays entama sa descente vers le chaos socio-économique. Tous les acteurs politiques, le pouvoir en place, les nouveaux chefs de partis politiques, la population, assistèrent comme impuissants au démantèlement des infrastructures, de l’économie du pays.
Le pays qui , à tort ou à raison fut appelé la Suisse de l’Afrique de l’Ouest, devint un immense dépotoir jonché de ruine matériel, économique et psychologique.
Un héritier du système et de l’homme fort du pays, reprit les rênes du pouvoir aidé par l’armée qui voulait garder ses acquis de plus de trente ans de pouvoir. Quel bilan positif mettre au crédit de ce système? La visibilité du Nord du pays. Le sud et le nord sont maintenant visibles. Même si le Nord démontre qu’il a bien retenu la leçon apprise du Sud.
Alors le Togo est il en train de changer?
Oui, n’en déplaise aux sceptiques. L’héritier est en train de ne pas mettre ses pas dans ceux du père. Le Togo a commencé sa lente remontée vers un état de droit post colonial. Un certain dialogue est né depuis 2005 au sein des acteurs politiques, le pouvoir a , dans une certaine mesure, libéré la parole. Un certain processus de régulation des libertés publiques s’est mis en marche, même si la génération actuelle demeure incapable de mesurer l’ampleur de ce phénomène. La population, prise à la gorge, par des décennies de misère économique, semble faire fi de cette formidable évolution. Habituée dans une certaine mesure à être paternalisée par l’homme auto proclamé, mais cela aussi était une rengaine du temps, Père de la Nation, Timonier national, la population a du mal à se réveiller de sa longue léthargie politique. D’autant plus que l’héritier est de loin le contraire du père tant par sa discrétion et sa modestie politique.
Pour parler moderne, disons qu’il communique peu ou prou. Autant le père pouvait monopoliser les médias tous les jours que Dieu faisait, autant le fils distille ses apparitions dans les médias au compte goutte, au grand dam de sa ligne conservatrice et même des populations enclines à comparer cette discrétion inaccoutumée à une absence de personnalité.
N’empêche, une lente évolution des mœurs politiques se met en place , qu’on le veuille ou non.
J’avais dix quand le pays accéda à l’indépendance. Treize quand survint le premier coup d’état militaire. Dix sept, quand l’homme fort étendit sa suprématie sur le pays. Vingt cinq quand je quittai le pays pour la France. Cinquante cinq quand prit fin le règne de l’homme fort. Je n’ai cessé en aucun moment de suivre la descente aux enfers, puis maintenant la lente remontée vers la lumière de ce pays qui m’a vu naître et dans lequel j’ai passé les premières vingt cinq années de ma vie.
Sans jamais avoir été attiré par la politique, j’ai toujours aspiré à apporter ma pierre à l’édification de ce petit pays, que mes enfants aiment tout simplement, parce qu’ils le considèrent comme le pays de naissance de leur père. Sans doute parce que sans le savoir je leur ai insufflé un peu de l’amour que j’ai pour ce pays de mes racines, ma patrie par le sang. Même si j’y ai plus connu de drame que de bonheur. Le temps est sans doute venu d’essayer de faire converger les intérêts de ma patrie par la naissance et ma patrie d’adoption .
Ne demande pas ce que ton pays a fait pour toi. Mais ce que tu peux faire pour ton pays avait dit le président Kennedy. Le moment est sans doute venu d’essayer à mon tour d’innover pour apporter ma pierre au développement économique du Togo. Ce ne sera pas facile de créer le plus petit dénominateur commun, pour rassembler les forces vives du pays autour de ce projet : le DAACI.
Ceux qui ont l’habitude de passer sous le baobab ont sans doute lu le mot que je lui avait consacré. Le temps est venu d’en commencer la mise en place.
Dès l’année prochaine le DAACI deviendra un ONG pour le développement durable du Togo dans l’Afrique de l’Ouest.
Tous ceux qui peuvent apporter leur aide , de quelque nature que ce soit, seront les bienvenus.
Je vous donnerai plus d’informations au fur et à mesure de l’avancement du projet. L’idée de base, exprimée dans sa forme la plus simple, est de créer les conditions pour que le produit agricole local, généralement consommé par la population dans son ensemble, se retrouve douze mois de chaque année dans l’assiette du consommateur togolais.
La réalité consistera à restructurer toute la chaine du process alimentaire, développer les filières agroalimentaires sur l’ensemble du territoire, créer les liens entre le monde agricole et le secteur de la commercialisation des produits agricoles locaux, de la transformation de ces produits et de leur distribution douze mois de l’année.
Concrétiser cette ambition, c’est faire du Togo un grand chantier de développement durable, pendant les 20 prochaines années. A terme faire du pays le moteur du développement agroalimentaire de l’Afrique de l’ouest. Le bâtiment, les infrastructures routières, l’industrie, la formation, l’agriculture, le monde rural, tout le process alimentaire, sont concernés.
Des emplois pérennes et le pouvoir d’achat de chaque togolais est à l’horizon!
Le lancement de ce projet sera l’ouverture du Salon International Agro-Alimentaire de l’Afrique de l’Ouest au début d’avril 2011 prochain, soit un an après les prochaines élections présidentielles de 2010.
Tout seul je ne saurai prétendre y parvenir. Il faudra trouver le moyen de fédérer l’ensemble des acteurs politico-économiques du pays autour de ce projet. Ce ne sera pas le plus facile! Mais ce n’est pas impossible!
Je compte sur vous pour faire connaitre ce projet, m’apporter votre aide , de toute nature.
Puisse le DAACI apporter sa contribution au développement économique du Togo. Un petit pays plein de grandes potentialités à concrétiser!
Ensemble faisons du Togo, le grand chantier du développement durable!!! A travers le DAACI.